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Tabac: nouveau produit, vieilles méthodes

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L’engouement pour la cigarette ne passe pas, mais baisse. Pour freiner cette baisse, l’industrie cigarettière agit à plusieurs niveaux. En renforçant son marketing, d’abord, en particulier auprès des jeunes. Dans ce domaine, son action est puissante, moderne et utilise une science psychologique de pointe. Mais elle agit aussi en essayant de contrer toutes les mesures efficaces de prévention du tabagisme, à travers un intense lobbying politique. Là encore, les moyens investis sont gigantesques et les tactiques sont à la fois discrètes et intelligentes.

En même temps, l’industrie cherche à tout prix à lancer de nouveaux produits. Il y a les cigarettes électroniques, bien sûr. L’ennui est que leur vente est moins rentable et échappe en grande partie aux industriels historiques. C’est pourquoi Philip Morris a sorti de ses laboratoires un système qu’elle présente comme novateur, dans lequel le tabac n’est pas brûlé mais chauffé, appelé lqos. L’ambition est énorme. Comme marché test, avant un lancement mondial, l’entreprise a choisi quelques pays, dont la Suisse. Des méthodes inédites de promotion sont envisagées. Pour ajouter une nouvelle facette à ses multiples systèmes d’influence, Philip Morris a décidé d’ouvrir dans le quartier du Flon, au coeur de Lausanne, un spectaculaire centre high-tech de 700 m2 avec café, restaurant et espace de musique et de coworking. Derrière les activités de service, le but réel est la promotion de lqos, avant tout auprès des jeunes, dans leur quartier et en utilisant leurs codes culturels.

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